« capturer les silences et les secousses »

CAPTURER LES SILENCES ET LES SECOUSSES

Jouant avec les limites de l’abstraction, le réel, ici capté, fragmenté, transformé, devient source d’une poétique intermédiaire : à la lisière de l’intérieur et de l’extérieur, une relation au monde intimement réversible se dessine. De tirages uniques en séries aux formats multiples, de compositions murales in situ en éditions manufacturées, l’espace est un livre, l’objet un univers.
De paysages sonores en installations vidéos, d’espaces de diffusion dédiés en formats plus intimes, images mobiles et immobiles cohabitent, stimuli perceptifs se combinent. Expérimentations sonores et visuelles se déploient, s’associent, jusqu’à ce que naissent des propositions contemplatives.

Le processus analogique est privilégié, et avec lui sa latence constitutive qui s’étend aux sujets : rêves d’Albion et de territoires invisibles à l’œil nu, rencontres empêchées et déplacées, carpes esquissées, environnements aux contours flous, nature souterraine, oiseaux fuyants, ermite introuvable, correspondance avec une lointaine poète outre-atlantique, quête d’un film rare : présences absentes, marges du visible, bas côtés, visions obliques. Captures et enregistrements deviennent alors paradoxalement les témoignages d’un réel évanescent, qui se fuit au point de s’évanouir dès lors qu’il est saisi, comme les traces fugitives d’un rêve ou d’un souvenir. »

Février 2016